Blog · Conseil d'administration
Blueboard lance Blueboard Academy
La gouvernance, ça se cultive !
On associe encore souvent la formation à une étape qu’il faudrait franchir pour obtenir quelque chose
ensuite : un diplôme, une certification, un titre ou, dans le cas de la gouvernance, un mandat. C’est une
erreur de perspective.
Se former à la gouvernance ne garantit pas d’obtenir un siège au conseil. Une certification ne transforme
pas automatiquement un professionnel en administrateur. Et aucun badge ne remplace l’expérience, la
personnalité, l’indépendance de jugement ou l’adéquation entre un profil et les besoins d’un conseil.
En revanche, se former peut changer une chose essentielle : la capacité à comprendre ce que l’on vous
demande, à poser les bonnes questions et à contribuer utilement une fois autour de la table.
Une formation n’est pas un ticket d’entrée
Le mythe est tenace : « Je passe une certification d’administrateur, donc je vais devenir administrateur. »
Dans les faits, un conseil recrute ou co-opte un profil en fonction d’un ensemble de critères : compétences
recherchées, expérience, disponibilité, indépendance, complémentarité avec les autres administrateurs,
compréhension du projet et capacité à travailler collectivement.
La certification peut attester d’un parcours d’apprentissage. Elle ne crée pas à elle seule l’opportunité de
mandat.
Il faut donc dissocier deux démarches qui se complètent sans se confondre : apprendre à exercer un rôle
de gouvernance et trouver un mandat dans lequel cette expérience pourra être mobilisée.
Se former pour comprendre avant de vouloir exercer
Le premier bénéfice d’une formation est beaucoup plus simple qu’on ne le dit : savoir de quoi l’on parle.
Comprendre la répartition des rôles entre le conseil, son président et la direction générale. Savoir lire une
stratégie ou des états financiers. Identifier les principaux risques. Comprendre ce qu’implique
l’indépendance. Préparer une séance. Participer à un comité. Savoir où s’arrête le rôle de l’administrateur et
où commence celui de l’exécutif.
Ces connaissances ne servent pas uniquement à décrocher un premier mandat. Elles permettent aussi à
un administrateur déjà en poste de mieux exercer le sien.
La gouvernance ne s’arrête pas aux fondamentaux
Les conseils sont confrontés à des sujets qui évoluent rapidement. La souveraineté numérique, les chaînes
d’approvisionnement critiques, les tensions géopolitiques, la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou
encore les nouvelles obligations réglementaires font désormais partie des sujets que certains conseils
doivent pouvoir challenger.
Il n’est pas nécessaire de devenir expert technique de chacun de ces domaines. En revanche, un
administrateur doit pouvoir reconnaître une dépendance critique, comprendre une exposition, identifier une
zone d’angle mort et poser des questions suffisamment précises pour obtenir autre chose qu’une réponse
de façade.
C’est aussi pour cela que la formation à la gouvernance ne devrait pas être pensée comme un parcours
uniforme. Les besoins ne sont pas les mêmes pour un futur administrateur qui apprend les fondamentaux
et pour un administrateur expérimenté qui souhaite approfondir un sujet très spécifique.Le bon parcours est souvent celui qui correspond au besoin réel
Se former peut donc être généraliste ou très ciblé.
On peut avoir besoin de comprendre les fondamentaux du mandat et la posture attendue dans un conseil.
On peut aussi chercher à mieux appréhender la souveraineté géopolitique, à challenger un RSSI sur le
risque cyber, à comprendre les enjeux de gouvernance de l’IA ou à mesurer les implications de NIS2,
DORA, AI Act ou RGPD.
Cette logique à la carte est importante : elle transforme la formation en outil de progression continue plutôt
qu’en étape ponctuelle à cocher sur un CV.
La certification comme repère, pas comme promesse
Une certification peut avoir une vraie utilité lorsqu’elle structure un parcours, formalise l’acquisition de
connaissances et donne un repère commun. Mais sa valeur dépend de ce qu’elle atteste réellement et de
la manière dont elle s’inscrit dans un parcours professionnel.
Elle doit donc être regardée comme un moyen de se préparer et de se benchmarker, pas comme une
promesse de mandat.
• Pour un professionnel qui envisage la gouvernance, l’enjeu est finalement assez simple : arriver mieux
préparé, mieux outillé et plus lucide sur ce que représente la fonction.
• Se former avant, pendant et après un mandat
• La formation ne devrait pas être cantonnée aux personnes qui n’ont encore jamais siégé dans un
conseil. Un administrateur peut avoir besoin de se former avant un mandat, pour préparer son entrée ;
pendant un mandat, pour approfondir une problématique ; ou après plusieurs années, pour actualiser
ses connaissances et rester à niveau.
C’est particulièrement vrai lorsque les sujets du conseil évoluent plus vite que les parcours individuels.
Au fond, se former à la gouvernance revient à faire quelque chose de très simple : prendre au sérieux la
responsabilité que représente un mandat.
Pas pour obtenir automatiquement un siège. Pas pour accumuler des certificats. Mais pour être plus
préparé, plus pertinent et plus utile au collectif une fois la responsabilité acceptée.
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