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Atos : Le consortium Onepoint a abandonné ses plans

En résumé, Atos, pilier technologique des JO de Paris, est en difficulté financière et cherche une solution de restructuration. , tandis que l'État français a offert 700 millions d'euros pour acheter les activités d'Atos jugées stratégiques et sensibles.
Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 27/06/2024
L'article met en lumière des aspects clés de gouvernance d'entreprise, de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), de la durabilité, et de la stratégie d'entreprise concernant la situation d'Atos, une entreprise technologique en difficulté financière.
Gouvernance d’Entreprise et Conseil d’Administration
- Crise de Gouvernance: La situation financière critique d’Atos depuis trois ans suggère des problèmes de gouvernance sous-jacents. La direction et le conseil d'administration doivent se poser des questions sur la gestion financière et stratégique des dernières années.
- Intervention de l'État: L'implication de l'État français avec une aide de 700 millions d'euros et un prêt de 50 millions d'euros montre une intervention directe dans la gouvernance de l'entreprise. De plus, l'acquisition d'une action de préférence avec droit de veto par l'État souligne une influence accrue sur les décisions stratégiques pour protéger les intérêts de souveraineté.
- Restructuration Financière: Les négociations exclusives avec Alten pour la vente de Worldgrid et la recherche d'accord avec les créanciers démontrent des efforts de la part du conseil d’administration pour restructurer financièrement l'entreprise. Ces actions visent à restaurer la viabilité financière de l’entreprise.
Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et Durabilité
- Engagement de Souveraineté: L'accord avec l'État français pour protéger les activités stratégiques et sensibles reflète une dimension de responsabilité sociale. Il s'agit de protéger les intérêts nationaux en matière de technologie et de cybersécurité.
- Impact des Jeux Olympiques: En étant un pilier technologique des JO de Paris, Atos doit garantir l'intégrité, la sécurité et la durabilité de ses services. Cela inclut la gestion des accréditations et la cybersécurité, essentiels pour les événements de cette envergure.
Stratégie d’Entreprise
- Orientations Stratégiques: La recherche de financement de 1,1 milliard d'euros pour les activités de 2024-2025 indique un besoin critique de liquidités pour soutenir les opérations. La consolidation des finances est impérative pour stabiliser l'entreprise à court terme.
- Vente d’Actifs: La cession de Worldgrid à Alten fait partie d’une stratégie de recentrage sur les activités les plus stratégiques et rentables, ce qui est courant dans les périodes de restructuration.
Autres Thématiques Liées au Conseil d’Administration
- Gestion des Parties Prenantes: Les discussions avec Daniel Kretinsky ainsi que les négociations avec Alten et les créanciers financiers montrent une gestion active des parties prenantes clés. La confiance et les relations avec ces parties prenantes sont cruciales pour la survie de l'entreprise.
- Rôle du Conseil d’Administration: Le conseil d'administration doit naviguer dans une situation complexe avec des multiples intervenants - de l'État aux investisseurs privés. Son rôle s’étend donc au-delà de la simple supervision pour inclure une gestion active des crises et des relations.
- Transparence et Communication: La communication de la situation financière et des stratégies mises en place est essentielle. La transparence vis-à-vis des investisseurs, des employés et du public est cruciale pour maintenir la confiance et le soutien.
Conclusion
Atos vit une période de transformation intense dictée par des impératifs financiers, stratégiques et de gouvernance. L'implication de l'État français montre l'importance des enjeux de souveraineté et de sécurité nationale. Le conseil d'administration et la direction doivent continuer à naviguer prudemment à travers cette crise, en gardant à l'esprit les impératifs de gouvernance, de responsabilité sociétale et de durabilité.
Ces efforts combinés offriront une base pour stabiliser l’entreprise et peut-être l’amener vers une reprise durable, essentielle non seulement pour l'entreprise, mais aussi pour ses nombreuses parties prenantes.
Article original
« Le consortium Onepoint, Butler Industries et Econocom a constaté que les conditions n’étaient pas réunies pour conclure un accord ouvrant la voie à une solution pérenne de restructuration financière et de mise en œuvre » de son projet, a annoncé l’entreprise, dirigée par David Layani. Énième coup de théâtre dans le feuilleton Atos : le consortium mené par Onepoint, choisi il y a trois semaines pour sauver le fleuron informatique français lourdement endetté, jette l’éponge, laissant la voie au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, éconduit début juin, pour reprendre les discussions. « Le consortium Onepoint, Butler Industries et Econocom a constaté que les conditions n’étaient pas réunies pour conclure un accord ouvrant la voie à une solution pérenne de restructuration financière et de mise en œuvre » de son projet, a annoncé Onepoint, dirigé par David Layani, dans un communiqué. Cette annonce intervient moins de trois semaines après que son consortium est sorti gagnant de la compétition pour la reprise d’Atos face à Daniel Kretinsky. Son offre de reprise avait été jugée « mieux orientée en matière d’intérêt social de la société » par le conseil d’administration du groupe et la majorité de ses créanciers. Embourbé dans une crise financière depuis près de trois ans, Atos, pilier technologique des JO de Paris cet été et présent dans plusieurs activités sensibles, dont les supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire française, avait enclenché en février une procédure de restructuration. L’entreprise avait annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d’euros de liquidités pour son activité en 2024-2025 et vouloir réduire massivement sa dette brute, de 4,8 milliards d’euros, pour sauvegarder son activité. Pour « satisfaire la demande de liquidité à court et moyen terme du groupe », Atos indique avoir reçu de la part de ses créanciers « une proposition globale de restructuration financière révisée ». « Les discussions se poursuivent avec le comité représentatif des créanciers et certaines banques sur la base de cette proposition en vue de parvenir à un accord dans les meilleurs délais », a-t-il ajouté, tandis que EPEI, du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a adressé « un courrier réitérant son intérêt pour participer à sa restructuration financière ». Longtemps en discussions pour racheter une partie d’Atos avant la rupture des négociations en février, il avait révisé deux fois son offre face au consortium de David Layani, sans succès. En parallèle, Atos annonce mercredi avoir « finalisé » la négociation avec l’État français « d’une convention visant à protéger les intérêts de souveraineté » de l’État au titre de certaines activités exercées par le groupe informatique. Depuis le début de la chute du géant, le sort de ces activités stratégiques est un enjeu politique majeur. Mi-juin, l’État français a fait une offre de 700 millions d’euros pour acheter les activités d’Atos jugées stratégiques et sensibles, dont les supercalculateurs, les contrats avec l’armée française et les produits de cybersécurité. Cette offre vise à éviter que ces activités tombent entre les mains d’acteurs étrangers. Elle concerne « l’acquisition potentielle de 100 % des activités d’Advanced Computing, de Mission-Critical Systems et de Cybersecurity Products de la division BDS (Big Data & Cybersécurité) » d’Atos. Le ministère français de l’Économie a également octroyé un prêt de 50 millions d’euros à l’entreprise et acquis une « action de préférence » lui permettant de mettre son veto à certaines opérations au niveau de Bull, la filiale qui construit ces supercalculateurs. « Les actifs souverains ont bien été sécurisés par une Golden Share de l’État et l’opération de rachat de ces actifs souverains par l’État en lien avec des industriels se poursuit en parallèle comme prévu », a indiqué Bercy à l’AFP. « L’État via le Comité interministériel de restructuration industrielle continue de suivre très précisément le dossier afin de favoriser les solutions de continuité pour l’entreprise Atos », a-t-on ajouté de même source. Dans la foulée du choix de Onepoint, Atos avait aussi annoncé être entré en négociations exclusives avec le groupe français d’ingénierie Alten en vue de la vente de Worldgrid, sa filiale hautement critique qui conçoit les systèmes de pilotage des centrales nucléaires, notamment pour EDF, et ne fait toutefois pas partie des activités stratégiques que l’État français souhaite acquérir. Atos table sur un accord de principe sur la restructuration financière durant la semaine du 24 juin et un accord définitif avec une majorité de créanciers financiers durant la semaine du 22 juillet. Partenaire informatique mondial du Comité international olympique (CIO) depuis 2002, Atos sera l’un des piliers technologiques des JO de Paris. Il sera chargé de la gestion des accréditations, de la diffusion instantanée des résultats ou encore de la cybersécurité.
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